Qui sommes-nous ?

Catherine Cantenot, conseillère conjugale et familiale, et Pierre-Antoine Cantenot, conseiller matrimonial, sont mariés depuis 2010 et parents d’une fille née en 2011.

Avant de se rencontrer, sur un site de rencontre sérieux, ils ont tous les deux été investis dans des activités au service des autres, et ont eu des engagements humanitaires de plusieurs années à l’étranger (Thaïlande et Inde pour Catherine, Cameroun pour Pierre-Antoine).

Depuis des années, ils ont découvert la souffrance de ceux qui subissent un célibat de longue durée. Ces célibataires sont de plus en plus nombreux, et parfois mal jugés, se sentant de plus en plus à l’écart de ceux qui ont fondé une famille.

Pendant cinq ans, Pierre-Antoine et Catherine ont animé bénévolement un site de rencontre tout simple, qui a permis de très belles histoires, et quelques mariages. Les nombreux échanges qu’ils ont eu avec les inscrits leur a permis de mieux comprendre les besoins des célibataires faisant cette démarche de rechercher un conjoint sur un site de rencontre.

Pendant trois ans, ils ont aussi animé bénévolement des week-ends de rencontres pour célibataires. Cette expérience a aussi été très positive et déterminante dans leur volonté d’aller plus loin dans le service des personnes vivant cette situation.

Ces expériences de services bénévoles auprès des célibataires ont permis à Catherine et à Pierre-Antoine de connaître cette réalité. Cela leur a vraiment donné le désir d’aider à avancer les personnes souffrant du célibat non désiré. Ils mettent aujourd’hui leur expérience et leur sensibilité au service des célibataires, en s’investissant d’une manière professionnelle et plus large qu’autrefois, à travers le service de rencontres sérieuses Kinima.


Partagez-vous nos valeurs ?

Comment passe-t-on de la passion pour l’humanitaire à la création d’un site de rencontre ?

Entretien avec Catherine Cantenot

Catherine, avant de rencontrer Pierre-Antoine, vous avez passé une dizaine d’années dans des missions humanitaires, principalement en France, Thaïlande et Inde. Pourquoi avez-vous finalement arrêté ces missions ? Vous êtes-vous lassée ?

Catherine – Oh non, je ne m’en suis pas lassée ! Il n’est pas un jour où je ne repense pas avec nostalgie aux pays où j’ai vécu, et aux amis que j’y ai laissés : à Inès, Dilip, Vimala, Fatima, Nga, Pen, Lek, Na, Boua…, à ces personnes qui m’ont permis d’entrer dans leur vie pour les accompagner dans les épreuves qu’elles traversaient. Heureusement je peux rester en contact avec beaucoup d’entre elles grâce aux réseaux sociaux !

Non, ma décision d’arrêter les missions humanitaires vient du fait qu’avant de continuer à soutenir des personnes et des foyers en difficulté, j’avais besoin de créer mon propre foyer, de rencontrer quelqu’un avec qui je puisse partager la passion qui m’habite. C’est pourquoi, quelques mois avant mon retour en France, j’ai commencé à m’intéresser aux sites de rencontre. Au début c’était seulement pour moi, je ne pensais pas en créer un plus tard. C’est donc grâce à un site de rencontre sérieux que j’ai connu Pierre-Antoine, quelques jours après mon retour en France.

– Et Pierre-Antoine partageait-il votre passion pour l’humanitaire ?

Catherine – Pierre-Antoine a eu lui aussi une expérience humanitaire, au Cameroun. Il partage ma passion pour les personnes humaines et la compassion vis-à-vis de ceux qui souffrent, le désir de les soutenir, de les aider à avancer.

Et vous n’avez pas trouvé d’autre moyen que la création d’un site de rencontre pour vivre cette passion ensemble, en France ?

Catherine – Je sais que ça semble étonnant à beaucoup de personnes. Pourtant, pour moi, c’est bien dans la continuité de ce que j’ai vécu en Inde et en Thaïlande. Dans ces pays, l’une des plus grandes sources de souffrances est la relation entre hommes et femmes, et la rareté d’un amour vrai où chacun respecte et estime l’autre, où chacun prend en compte les besoins et la dignité de l’autre.

En Inde, les conjoints ne peuvent généralement pas se choisir, et dans certaines régions ils ne peuvent même pas se rencontrer avant le jour du mariage. Il y a beaucoup de violence voire de meurtres conjugaux. Et la femme a un statut très inférieur à celui de l’homme.

En Thaïlande, après trois ans à Bangkok, j’ai vécu pendant un an dans la ville de Pattaya, où beaucoup de femmes thaïlandaises vont s’installer dans le but de se prostituer auprès des touristes, et si possible se mettre en couple avec l’un d’eux. En Thaïlande, une rencontre tarifée avec un touriste peut aboutir parfois à un mariage.

En écoutant ces femmes me raconter leur vie, j’ai découvert que la plupart se retrouvaient là parce qu’elles avaient été abandonnées par leur mari ou leur compagnon après la naissance d’un enfant, et qu’elles n’avaient pas trouvé d’autre moyen de subvenir seules aux besoins de leur enfant. Le pire pour elles est d’être séparées de leur enfant, celui-ci restant au village avec ses grand-parents. Beaucoup d’entre elles savent qu’elles ne seront pas les bienvenues dans leur village si elles ne viennent pas avec suffisamment d’argent pour leurs parents. Certaines ont renoncé et n’y retournent plus du tout. Certaines savent que leur enfant croit qu’elles sont leurs grandes sœurs, et qu’ils appellent leur grand-père « Maman ».

Beaucoup de touristes pensent que les femmes de Pattaya aiment ce qu’elles font et qu’elles sont ravies de gagner beaucoup d’argent de cette manière pour s’acheter des sacs et de beaux vêtements. C’est le cas peut-être pour l’une ou l’autre jeunes ayant été attirées par la réussite apparente de filles de leur village.
Ce que j’ai vu, ce sont des femmes, pour beaucoup alcooliques voire droguées, ayant perdu tout sens à leur vie, puisqu’elles sont séparées des enfants pour qui elles doivent gagner cet argent, et elles pensent avoir perdu leur respectabilité. Elles n’ont plus d’autre perspective que de faire la fête et s’acheter des choses pour combler le vide de leur vie. Le fait que des hommes soient prêts à dépenser beaucoup d’argent pour elles leur permet, au moins, de se sentir désirables. Jusqu’à ce qu’elles soient trop vieilles pour trouver des clients et finissent par vivre dans la rue.

Dans la rue je voyais souvent des couples formés d’hommes blancs de 75 ans au bras de femmes de 30 ans. J’ai vu aussi des hommes venus là dans l’espoir de trouver le bonheur, et désabusés d’être en couple avec des femmes intéressées uniquement par leur argent. J’ai vu des couples où l’homme occidental et la femme thaïe étaient vraiment amoureux l’un de l’autre, mais où la famille de la femme, à force de harceler celle-ci pour obtenir plus d’argent de lui, détruisait tout. J’ai vu des femmes thaïes qui s’étaient profondément attachées à leur compagnon occidental, et qui pleuraient parce qu’il ne voulait pas fonder une famille avec elle mais continuer à s’amuser avec d’autres. J’ai vu des couples qui se disaient des mots d’amour passionnés, et qui en aparté me demandaient des conseils pour manipuler l’autre…

Devant ce spectacle, j’ai été tentée de ne plus croire à l’amour, et de penser que le respect au sein d’une relation amoureuse ne pouvait pas exister. Mais cela a provoqué un sursaut en moi, et je me suis souvenue de ma certitude que Dieu a créé l’être humain capable d’humanité, malgré tous les contre-exemples. Quand on ouvre les yeux on peut voir énormément d’actes d’amour et d’entraide, mais ils se font moins remarquer que l’égoïsme et la violence.

Alors j’ai pensé : « Le couple peut être source de bonheur, les conjoints sont faits pour s’aimer, se faire du bien et être heureux ensemble. Je crois que ça peut exister, je veux moi-même le vivre et aider les autres à y croire et à le vivre ! » Alors pour commencer je me suis inscrite sur un site de rencontres, et plus tard j’ai créé avec mon mari un premier site de rencontre. Je me suis ensuite formée pour devenir conseillère conjugale et familiale, métier que je pratique en libéral, puis nous avons créé Kinima.

Alors si vous avez créé ce site pour aider les autres, pourquoi faites-vous un site payant ?

Pendant 5 ans Pierre-Antoine et moi avons géré un site de rencontre gratuit, et pendant 3 ans nous avons aussi animé des week-ends de rencontre pour célibataires à qui nous faisions seulement payer les frais d’hébergement. Nous avons consacré beaucoup de notre temps et de notre argent à ces deux activités. Mais le manque de moyens pour résoudre les dysfonctionnements techniques du site, et pour faire de la publicité afin de faire connaître le site et les week-ends pour célibataires, nous ont obligés à arrêter ces activités. Pour ce genre d’activités, il faut sans cesse se faire connaître auprès de nouvelles personnes. Sinon on aboutit à un site de rencontre et des week-ends de rencontre sans personne à rencontrer…

Par ailleurs, malgré tout le temps que je consacrais au site pour la modération et la vérification des profils, de nombreux faux profils, escrocs ou harceleurs, s’inscrivaient sur le site. Il est arrivé que des membres de notre site se fassent arnaquer, malgré les articles de mise en garde que j’avais écrit. Je supportais très mal quand notre site, qui avait pour but d’aider les gens, devenait une occasion de malheur pour certaines de ces personnes. Beaucoup de faux profil savent très bien susciter des sentiments et jouer avec…

Cette mauvaise expérience sur le site, ainsi que la bonne expérience des entretiens de motivation que nous avions mis en place pour les week-ends de rencontres, m’ont donné l’idée de créer un site avec entretien d’inscription obligatoire.
Pour nos week-ends pour célibataires, les personnes intéressées devaient, au choix, avoir un entretien téléphonique avec l’un de nous ou nous écrire une lettre de motivation. Le seul fait de demander cette démarche faisait si bien le tri des candidats au niveau de leur sérieux et de leurs motivations, qu’en trois ans nous avons dû refuser l’inscription de seulement trois personnes. Et les week-ends se sont merveilleusement bien passés !

Notre choix de faire un site payant a donc plusieurs objectifs :

Vous avez donc fait le choix de vous consacrer aux célibataires plutôt qu’aux personnes pauvres et marginalisées que vous avez soutenues dans vos missions humanitaires ?

Catherine – Je ne les oublie pas ! Je reste en contact avec beaucoup d’entre eux, et il m’arrive de faire des petites actions pour les aider matériellement. Pour le moment je me consacre surtout au développement de Kinima, mais quand nous aurons quelques personnes pour nous aider et que je pourrai m’absenter, je compte bien retourner plus régulièrement en Thaïlande et développer une association pour aider mes amis de là-bas et les autres personnes en difficulté que j’y rencontrerai. L’association a déjà un nom : Kaona (ก้าวหน้า en thaï), ce qui veut dire « avancer ».

En savoir plus sur l’expérience en Thaïlande de Catherine sur son blog de conseil conjugal :

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